Texte publié dans la revue L'Oratoire du mois de Mai-Juin 1999 (Des notes ont été ajoutées au cours des années.)
Auteur: Lise Montpetit
La prière des pas ... sur le Chemin des sanctuaires
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A l'été 1995, Denis Leblanc, policier retraité de la Sûreté du Québec, à pied, seul, sac au dos, parcourt 1800 kilomètres qui séparent Paris de Santiago de Compostela. Pèlerin des temps modernes, au cours de cette longue marche de 70 jours, il mûrit le projet de créer une version québécoise du célèbre pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, un chemin qui conduira, en quelques 350 kilomètres, marcheurs et pèlerins, depuis l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal jusqu'à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré en passant pas le Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap. À son retour, il contacte Louise Choquet, c.s.c., directrice des pèlerinages à l'Oratoire Saint-Joseph et obtient son appui. Cette dernière se charge d'obtenir le soutien non seulement des responsables des trois grands lieux de pèlerinage au Québec mais également des autres membres de l'Association des Responsables des Sanctuaires du Québec (ARSQ). En juillet 1996, à bicyclette et à l'aide de cartes topographiques, Denis Leblanc parcourt l'itinéraire du futur pèlerinage. Il sélectionne les villes étapes, rencontre les autorités religieuses et civiles de chacune d'elles et suscite la formation de comités locaux qui veilleront à l'accueil et au bien-être des pèlerins. Au printemps 1997, des marcheurs chevronnés évaluent l'itinéraire et font des recommandations pour la rédaction du Guide du pèlerin. Un premier conseil d'administration est formé et le projet est enregistré par lettres patentes le 29 janvier 1997, Pèlerinage Québec 2000, était né. A l'été 1998, les comités locaux, de chacune des 18 villes étapes sont prêtes à accueillir les premiers marcheurs : ils seront trois à participer à une première expérience pilote qui s'avérera concluante tant pour les pèlerins que pour les comités d'accueil.
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Au Québec, les pèlerinages font partie du patrimoine culturel hérité d'une longue tradition française et apportée chez nous pas nos ancêtres. Il ne faut donc pas s'étonner que les autorités religieuses et civiles déjà mentionnées aient souscrit d'emblée à un projet d'une telle envergure et que la Fédération québécoise de la marche y apporte sa collaboration tout comme son homologue français, la Fédération française de la randonnée pédestre, dans le cas du Chemin de Saint-Jacques. À défaut de montagnes, de sentiers et de voies romaines, le fleuve est omniprésent et les gens des plus accueillants. Villes et villages traversés ont également beaucoup à offrir sur le plan histoire, patrimoine et architecture. Le Chemin des sanctuaires a été officiellement inauguré en juin 2000 au Musée des religions à Nicolet et l'un des objectifs de ses dirigeants est d'en assurer la pérennité. Dans toute sa modernité et sa nouveauté, le Chemin des sanctuaires, administré par Pèlerinage Québec 2000, s'inspire du Chemin de Saint-Jacques, il en est la version québécoise. Des marcheurs de la foi côtoieront des marcheurs de l'histoire et de l'architecture. Des chrétiens, des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des incroyants, des athées chemineront ensemble. Obéissant à leur rythme, leurs pas deviendront prière, le choc du bourdon sur les cailloux sera musique. P.S. En 2006, le Chemin s'approfondit en permettant de voir ou visiter une cinquantaine d'églises, de différentes dénominations chrétiennes ou autres dont 11 des 12 " sanctuaires, oratoires et chapelles " répertoriés dans l'Annuaire de l'archidiocèse de Montréal. C'est le début officiel de la section Montréal. |

