Ouf! J’ai survécu au Chemin des Sanctuaires par Brigitte Boudreau

28 octobre 2005

Témoignage de Brigitte (Plus de 70 ans…)

Avant de partir, en 2005, Brigitte envoie un petit mot à ses amis(es). Sur sa missive on peut voir le parcours du Chemin des Sanctuaires, son itinéraire, quelques dessins soient celui d’un marcheur solitaire sur la soute, d’un soulier qui a parcouru le Québec avec mention : Moi mes souliers… avec une portée de musique… puis quelques réflexions suivi de : Pour moi marcher, c’est dire oui à la vie.

[toggle title= »En savoir + » variation= »red »]  » Depuis que l’homme existe, il s’est fait pèlerin parce qu’il a ressenti comme un appel irrésistible le désir d’un ailleurs qui doit être au-delà. Il sait bien en effet qu’il n’est sur terre qu’un être de passage toujours en train de cheminer…

Tout pèlerin recherche quelques traces de l’Incarnation. Il les trouve en un lieu défini, au milieu d’une assemblée priante dans une cathédrale, une chapelle, un oratoire, auprès d’un saint devenu familier ou aux pieds de Marie, mère des pèlerins que l’on vient supplier. Le pèlerinage est à la fois un abandon, un risque, une démarche spirituelle qu’une marche physique saura rythmer au pas de chaque jour. Il est surtout rencontre du prochain. Entre des compagnons de route, avec les populations des régions traversées, des liens se tissent. Pérégriner, c’est savoir communiquer.
 » P. Jean-Luc Vesco. o.p.

Et lorsque prendra fin notre pèlerinage sur la terre, accueille-nous dans la demeure où nous vivrons près de toi pour toujours.

Au retour de son pèlerinage, Brigitte partage ce qui suit à ses amis(es) :

Ouf! J’ai survécu au Chemin des Sanctuaires! Je dois dire que la dernière semaine avant de commencer la marche, je me suis demandé si je faisais là un acte de foi ou de folie. Mais je ne pouvais plus reculer, alors je me suis dit : Lève-toi et marche et advienne que pourra.

Pour les trois premiers jours, j’ai dû porter mon sac à dos. Ce fut assez pénible… Et là, j’ai dit : j’ai trop mal aux os des pieds, je prends l’autobus demain. C’est alors que quelqu’un m’a dit : J’ai un don. Je vais faire passer ton mal. Je l’ai crû et ça marché.

Ensuite les pieds se sont mis de la partie… avec pommade, poudre,  » plasters « , etc. Ils ont suivi tant bien que mal et souvent plus mal que bien. Dans une de ces nuits où j’avais encore dû porter mon sac à dos, j’avais l’impression qu’ils me disaient : Quand est-ce que tu vas finir de nous faire souffrir ainsi? En finissant la marche, j’avais l’impression que je n’avais plus d’autres membres. J’étais seulement PIEDS et ORTEILS. Mais quand on arrivait à un gîte et que des bénévoles (on pourrait dire des anges) nous attendaient avec bassin d’eau salée et serviette, cela nous retapait pas mal. Ensuite douche, lavage, repos, souper, dodo et le lendemain après avoir traité les orteils, on repartait pur une autre étape, un pas après l’autre.

C’est ainsi que 18 jours se sont écoulés avec le support de mes compagnons de route et sûrement de vos prières. J’au pu compléter ce Chemin des Sanctuaires. J’ai lu plusieurs articles de marcheur sur le chemin. Je trouve cela très beau. Pour ma part, heureusement que je m’étais préparée avant, car ma seule prière était l’offrande de mes pas en commençant la journée.Puis arrive le 18e jour, la basilique se pointe… Après la messe et le repas chez les Rédemptoristes, ma compagne me quitte et c’est fini…

Est-ce que je ferai d’autres marches ou pèlerinage? Après avoir fait 2 fois Québec – Cap de la Madeleine, 2 fois Sainte-Anne-de-Beaupré – Cap de la Madeleine, 1 fois Montréal – Cap de la Madeleine et 7 jours à St-Jacques de Compostelle. Cette fois-ci, Montréal – Sainte-Anne-de-Beaupré restera sûrement ma plus longue marche. Et puis, allons y voir. On m’a dit qu’une dame de 80 ans faisait le parcours cette année. Si jamais je n’avais plus mal aux pieds et aux orteils, il n’est pas dit que je n’essaierais pas. J’ai neuf ans pour y penser! Le chemin à partir d’Ottawa ouvre cette année et l’an prochain il paraît que s’organise de départ de Rimouski.

Mais ce n’est pas demain la veille… Alors je reste toujours en marche dans ma tête. Ça fait moins souffrir les orteils!