Un miracle est-ce possible?

2003

Larousse nous dit qu’un miracle c’est un phénomène interprété comme résultant d’une intervention divine. Alors permettez-moi de vous témoigner d’un événement particulier et extraordinaire que j’associerai à un miracle.

Au cours de l’été 2003, avec mon épouse Pauline, nous parcourons le Chemin des Sanctuaires. Pour mon épouse, c’était un compromis au Chemin de Compostelle. Pour moi, c’était une recherche de ma mission comme nouveau retraité et un défi physique dans un environnement plus rassurant.

[toggle title= »En savoir + » variation= »red »]Alors le 3 juillet nous entreprenons ce périple. Ce fut une longue journée, particulièrement pour mon épouse qui tolère difficilement la chaleur. Partis de Québec le matin même, en train, nous nous rendons à l’Oratoire pour débuter le Chemin. Nous en profitons pour assister à une célébration eucharistique qui se déroule pour les pèlerins de l’Oratoire.

Il n’y a donc pas d’envoi particulier pour les pèlerins que nous sommes. Après un lunch, nous voilà sur la route. C’est le départ de l’apprentissage des indications et de ce qui allait être notre Chemin des Sanctuaires. Le soir venu nous faisons connaissance du couple avec lequel nous formerons notre groupe. Nous découvrirons au cours du parcours que ce sont des gens exceptionnels et nous deviendrons une équipe et de très bons amis. Après trois jours de marche, il se passe bien des choses et des rencontres assez particulières mais ça ne rejoint pas mon objectif ou du moins ça ne me touche pas tellement au point de dire à Pauline : Qu’est que je fais ici? Il ne se passe pas grand chose. Il faut dire que je ne m’attendais à rien de moins qu’à un miracle et que je pensais que cela aurait dû déjà se produire à l’Oratoire. Après tout, nous étions en pèlerinage! Nous avions quelque peu sacrifié notre été pour marcher à la suite d’autres pèlerins et selon la tradition de l’Église. Je choisis donc de marcher seul et accélère la cadence.

À Contrecoeur, au 5397 rang du Ruisseau, entre Verchères et St-Ours, un homme de plus de 6 pieds traverse la route et vient à ma rencontre. Il porte une fillette de 4 ans dans ses bras. Il m’interpelle. Vous êtres pèlerin? Vous allez à Ste-Anne? Je confirme. Il m’investit donc d’une mission : prier pour sa nièce, qui est la petite soeur de Victorian qu’il porte. Ses parents viennent d’apprendre qu’elle a la leucémie. Elle est présentement à l’hôpital. Ce matin elle ne pouvait pas marcher. Elle s’appelle Camille et elle a 2 ans. De plus, sa mère suit des traitements de chimiothérapie pour un cancer du sein.

Elle se demande si le fait d’avoir eu ce cancer, si ce n’était pas pour préparer sa famille au départ de son bébé. D’autre part, elle préfèrerait plutôt que ça soit une diversion pour qu’elle parte moins difficilement si son enfant guérissait. Pauline nous rejoint et le partage se poursuit mais je suis ébranlé. C’est une jeune famille qui correspond à peu près à celle de mon aînée car l’âge et le sexe des enfants sont identiques ainsi que le prénom de la dernière. Benoît me remet une photo de Camille qu’il a dans son portefeuille et qui est enveloppée par une image du frère André et d’une autre Sainte personne. Il me remet aussi une obole à offrir lorsque je serai à Ste-Anne. Je suis profondément touché d’avoir été interpellé comme pèlerin et d’autant plus d’avoir une mission d’intercession auprès de Ste-Anne. De plus, je constate que le cancer est entrain de tuer cette petite famille qui pourrait être celle de mon aînée. Pauline me fait réaliser que j’ai maintenant l’obligation de me rendre à Sainte-Anne-de-Beaupré et que j’ai eu une rapide réponse à mes désolations. Je lui demande donc un moment de solitude pour accueillir et pleurer ce qui vient de m’arriver. Je marche en solo et je pleure malgré mon  » retient bien  » d’adulte.

La route continue mais elle est maintenant différente. Je profite des rencontres et les favorise. Après chaque échange, je prends soin de demander les prénoms des personnes rencontrées et je leur dis que les amène à Sainte-Anne avec toutes leurs intentions et leurs actions de grâce. Que de belles rencontres et d’échanges fraternels!

Le voyage continue et à chaque jour des évènements extraordinaires arrivent. Les gens sont très accueillants. Merci Seigneur pour tous ces anges. Rendus à Ste-Anne-de-Beaupré nous sommes accueillis par l’équipe pastorale qui nous invite à collaborer à la célébration eucharistique. C’est ainsi que nous entrons en procession avec le célébrant au milieu de la foule qui remplit complètement la basilique en ce temps de la neuvaine à Sainte-Anne. Au moment des intentions de prière, le célébrant invite toute la communauté à prier d’une façon particulière pour Camille et sa mère suite à la mission d’un pèlerin. De plus, après la célébration, le responsable des pèlerinages m’assure que la photo de Camille sera déposée dans la crypte de Sainte-Anne sur la relique. Je n’avais plus qu’à faire brûler des lampions avec l’offrande de Benoît. À notre retour à la maison, Pauline parle à sa soeur de ce que j’ai vécu. Pierrette de répondre : »Je le sais ». Mais Pauline de lui dire : »Comment peux-tu être au courant de cela, nous ne t’avons pas parlé dernièrement ».

Pierrette ne sachant trop comment, fait des recherches parmi ses amies. Elle découvre que le mari de sa meilleure amie travaille avec Benoît. Pierrette m’obtiendra quelques données afin que je puisse rejoindre la petite famille et leur partager que ma mission avait été accomplie. Lorsque je réussis finalement à communiquer avec la mère, Lynda Thibault, je constate qu’elle aussi était au courant des prières à son égard et particulièrement pour Camille. Des gens de Contrecoeur étaient présents à la basilique lorsque tout le monde avait prié pour elle et Camille. La mère et moi nous sommes émus lors de cet échange. La mère est pleine d’actions de grâce pour autant d’attentions. Le plus miraculeux, c’est que la mère se porte bien et que la petite est à la maison et vit normalement.

Toutefois, des précautions seront prises au cours des deux prochaines années pour valider qu’il n’y ait pas de récidives. Quelle force est la prière! Alléluia! Merci Seigneur. Mario Vézina, Sainte-Foy, le 22 octobre 2003. Le 20 février 2004, Benoît écrivait : Camille poursuit ses traitements de chimiothérapie. Elle en a encore pour presque deux ans. Mais pour l’instant elle va très bien. Ses plaquettes sont à 8000. Pour un enfant leucémique c’est excellent. Elle est remplie d’énergie. À la voir aller, on ne penserait pas voir un enfant malade. Ma belle-soeur Linda nous disait que Camille avait pris des couleurs (pommettes) cette semaine pour la première fois depuis le mois de juin. Elle n’a même pas perdu ses cheveux suite à la chimio. Les infirmières du Montréal Children Hospital ont vu ça qu’une fois en vingt ans de carrière. Elle est vraiment spéciale notre petite Camille… Vous savez depuis notre rencontre, j’ai vraiment la certitude qu’il n’y a pas de hasard dans la vie. Notre histoire va rester gravée dans mon coeur pour l’éternité.

Camille à été mise sur mon chemin, et j’ai servi de trait d’union entre vous deux. Merci de m’avoir ouvert votre coeur ce jour là. Vous savez, souvent je me pose des questions sur ma spiritualité, et à chaque fois, j’ai ma réponse en pensant à notre histoire… Merci pour tout… Ma belle-soeur Linda est en rémission elle va bien aussi. Le 5 avril 2004, voici une photo rayonnante de Camille que Benoît nous fait suivre. Le 25 juillet 2004, Benoît écrit: Camille va bien malgré tout, elle est vraiment super… On ne dirait pas que c’est un enfant de seulement 3 ans.

Quand elle a des traitements de chimio ou bien des pipique (piqures). Ses parents ne lui cachent rien, ils lui disent « Demain Camille, on a un pipique ». Elle ne pleure même pas durant les traitements ou le temps du pipique. De cette façon, Camille a appris à avoir confiance en ses parents. Les parents de Camille vont bien malgré qu’ils aient beaucoup de travail. Pour eux, c’est le temps des foins. Le 2 août 2004, toute la famille de Camille nous rend une visite surprise à Québec après avoir passé la journée auprès de Ste-Anne. Je peux alors serrer dans mes bras les deux miraculés.

Le 28 octobre 2005, les grands-parents Malo avec Camille et Victorian participent à la rencontre des pèlerins au Cap de-la-Madeleine.[/toggle]