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À celles et ceux qui prendront la route
Bertrand Dubuis
Dès les premiers jours de juin, alors que la lumière s'installera et que l'été s'annoncera, vous serez nombreux à répondre à l'appel du Chemin.
Que vous partiez de Montréal ou du Cap-de-la-Madeleine, un même élan vous unira : celui de marcher le long du Saint-Laurent vers Sainte-Anne-de-Beaupré. Au rythme de ce grand fleuve vivant, guidé par le rythme du vent et le scintillement de l'eau, vous entrerez dans une aventure qui dépasse les kilomètres.
Le Saint-Laurent sera votre compagnon. Tantôt calme, tantôt vibrant, il vous accompagnera dans vos élans comme dans vos silences. Les villages vous accueilleront, les paysages vous porteront, et chaque journée vous offrira son lot de rencontres, de découvertes et de petits émerveillements.
Il y aura des matins pleins d'énergie, des heures plus exigeantes, des rires partagés, des moments de doute aussi… et toujours cette joie profonde d'avancer. Car marcher, c'est bien plus que se déplacer : c'est se déposer, se retrouver et s'ouvrir.
Vous ne marcherez pas seuls. Même dans le silence, une communauté vous accompagne : celles et ceux qui marchent à vos côtés, les personnes qui vous accueillent chaque soir, ainsi que tous ceux et celles qui, avant vous, ont emprunté ce chemin et continuent de le garder vivant.
Alors cet été, laissez-vous porter. Faites confiance à vos pas, accueillez chaque journée comme un cadeau et, entre ciel, fleuve et horizon, découvrez ou redécouvrez le Québec au rythme du pas humain car il n'y a pas de hâte sur ce Chemin : seulement la joie simple d'avancer et de sentir ses pas retrouver leur juste place dans le monde.
Bon chemin. 🌿

Il pleut, il pleut bergère… ♪ ♪ ♫ ♫
Véronique Capel
La météo ne s'est pas trompée, il a plu pendant toute votre journée de marche et vos souliers ressemblent plus à des éponges qu'à vos belles bottes sèches et confortables dont vous étiez fiers(es).
- En arrivant à l'hébergement, la première chose que vous allez faire est de vous changer, de revêtir des habits secs et chauds et de vous chausser de vos sandales qui, espérons-le, seront sèches ou faciles à essuyer.
- Ensuite, vous devrez trouver un moyen de faire sécher tout votre équipement, le poncho qui dégouline sur le plancher (oups! ailleurs si possible), le pantalon ainsi que les bas et quelquefois même le contenu du sac à dos ou du sac ventral qui malgré toutes vos précautions a également subi l'attaque de la pluie. Je fais référence, ici, à du vécu. Ma crédentiale qui se trouvait exceptionnellement hors du sachet en plastique dans lequel je la range habituellement s'est retrouvée détrempée. L'encre s'étant diluée sous l'effet de la pluie, certains tampons d'auberges sont depuis illisibles.
- Dernier point et non le moindre, vous devrez faire sécher vos souliers. Personnellement j'utilise une méthode apprise de mes parents et qui est traditionnellement adoptée par la majorité des marcheurs. Pour cela, il vous faudra du papier journal (avec un peu de chance, votre hébergeur aura placé quelques vieux journaux à votre disposition). Pour accélérer le résultat espéré d'avoir des souliers secs pour repartir le lendemain matin, vous allez retirer les semelles pour les faire sécher à part. Vous bourrerez chacune de vos bottes avec des boules de papier journal chiffonné. Pour ma part, je fais 3 boules avec 3 feuilles entières pour remplir chacune de mes deux bottes en prenant bien garde que la première boule de papier comble bien la pointe de mon soulier. Je place ensuite ma paire de bottes dans un endroit aéré et/ou bien sec.
-Ensuite, vous pourrez vous occuper de vos semelles. Là, je vous fais part de ma façon de faire qui n'est pas la façon de tous, mais qui m'a toujours permis d'avoir des semelles bien sèches le lendemain matin. Maintenant que j'ai retiré mes semelles, mon objectif est de les essorer sans les abîmer. Je prends une feuille entière de journal que j'étale au sol, je place les semelles sur les coins en haut à gauche pour la page de gauche et en haut à droite pour la page de droite. Je replie le bas de la feuille afin de recouvrir la partie haute. Je roule le papier de gauche à droite vers le centre pour emballer la première semelle placée sur la page de droite puis je roule le côté droit vers la gauche pour emballer la deuxième semelle. Les semelles sont ainsi enveloppées de plusieurs épaisseurs de papier dans le but d'avoir une meilleure absorption de l'eau qu'elles contiennent. Bien entendu, si vous n'avez que des petits journaux, utilisez une page complète pour chacune de vos semelles.
L'étape suivante va peut-être vous surprendre, mais aux grands maux les grands remèdes. À cette étape, je place le paquet obtenu sur une chaise et je m'assieds dessus. Le poids de mon corps va ainsi faire sortir l'eau qui sera absorbée par le papier journal (il est possible d'ajouter une serviette de toilette pliée sous ses fesses pour éviter de mouiller ses vêtements). Après quelques minutes de cet exercice, je développe mon petit paquet et si cela me semble nécessaire je recommence avec une nouvelle feuille de journal. Bien essorées, les semelles sécheront rapidement.
- Plus tard dans la soirée, vous devrez vérifier l'état du papier journal placé dans vos souliers. Il est fort probable que la boule située au fond de chacune de vos bottes soit très détrempée. Défroissez les feuilles et reformez de nouvelles boules avec du papier sec. Faites sécher la ou les feuilles retirées, car elles pourraient resservir plus tard.
Attention!
👍 Dans les auberges, les gîtes ou chez les hébergeurs, le papier journal n'est pas toujours présent en quantité suffisante en période de pluies, il est donc préférable de ne pas jeter les feuilles humides et utilisées, mais de les défroisser pour leur permettre de sécher afin qu'elles puissent servir aux suivants. Même placées les unes sur les autres, les feuilles sèchent assez rapidement.
⚠ Il est déconseillé de faire sécher vos bottes avec un séchoir à cheveux (si vous en avez un à disposition), car vous risquez de déformer vos chaussures et de le regretter lors de la marche.

Le sac à dos
ou comment ne pas porter le poids du monde sur ses épaules
Pierre Turcotte
Lors de votre pèlerinage sur le Chemin des Sanctuaires, vous devrez transporter avec vous tout ce qui sera nécessaire pour assurer votre bien-être pendant 9 ou 18 jours. Vous trouverez dans les sites de longue randonnée sur Internet des listes relatives à ce qu’il faut apporter et inclure dans votre sac à dos. La liste la plus pertinente se trouve sur le site du Chemin des Sanctuaires, évidemment. https://www.chemindessanctuaires.org/equipement.php
Une fois que tous les items que vous apporterez seront choisis, déposez-les sur une table, scrutez-les un à la fois et posez-vous l’ultime question : en ai-je vraiment besoin ? Les « au cas où » sont toujours superflus. N’oubliez pas que ce n’est pas une expédition au Grand Nord que vous faites ! Vous croiserez de nombreux commerces en cours de route. Donc, non, pas nécessaire la boîte de 144 diachylons de Costco ou les 24 barres énergétiques. Et, non, ce n’est pas une bonne idée d’apporter votre séchoir à cheveux ou votre rasoir électrique. Ne riez pas, ça s’est vu.
Une fois le tri effectué, placer tout le contenu à l’intérieur du sac à dos s’avère une étape importante :
La rubrique au sujet de l’équipement du site du Chemin des Sanctuaires (citée plus haut) vous propose une façon de faire.
Finalement, le nerf de la guerre réside dans la façon de porter adéquatement votre sac sur votre dos. Rappelez-vous de la règle 80-20 (80% du poids sur les hanches et 20% sur les épaules). De plus, utilisez toutes les courroies d’ajustement de votre sac afin d’optimiser le port de votre sac et de minimiser les impacts sur les articulations de votre corps.
La vidéo ci-jointe vous en fait une démonstration brève et claire.
https://youtu.be/PMxzgIlbeLc?si=vYVs1XPxbPuoeCox
Bon Chemin des Sanctuaires !

Les mitaines de Pierre
Bertrand Dubuis
À Nicolet, lors de la huitième étape, après avoir longé la rivière du même nom, il y aura des paysages à couper le souffle, des rencontres lumineuses... et désormais, grâce à Pierre, des mains intactes!
Oui, parce qu'au cœur de l'effort du pèlerin, entre une soupe réconfortante et un café revigorant, se cache une épreuve redoutable : le micro-ondes. Cet engin traître, capable de transformer une simple soupe en lave en fusion en moins de deux minutes.
Mais Pierre veillait.
Tel un chevalier des temps modernes, il a bravé les allées (probablement sinueuses) pour dénicher l'objet mythique : des mitaines! Pas n'importe lesquelles, des mitaines investies d'une mission sacrée : sauver doigts, paumes et dignité des marcheuses et marcheurs affamés.
Grâce à lui, fini les petits cris étouffés devant la porte du micro-ondes. Fini les danses improvisées avec un bol trop chaud. À Nicolet, on pourra désormais réchauffer sans trembler... ou presque.
Pierre, pour ce geste à la fois humble et héroïque, nous te disons merci. Tu n'as peut-être pas multiplié les pains, mais tu as évité bien des brûlures.
Et ça, sur le chemin, ça vaut de l'or. 🎔

La Journée nationale des peuples autochtones
Carla Pescador
Certains le savent, depuis longtemps, d'autres pas encore : Le Chemin des Sanctuaires se trouve sur le territoire millénaire traditionnel des Premières Nations. Le Chemin des Sanctuaires comprend des routes terrestres et maritimes qui ont été créées et utilisées, à la fois historiquement et encore aujourd'hui, par des nations autochtones comme routes saisonnières de déplacement et de commerce.
Parcourir Le Chemin des Sanctuaires est sans contredit un moment opportun pour s'ouvrir à l'histoire des nations autochtones qui ont marqué le territoire. D'autant plus que le mois de JUIN (marquant le départ des marcheurs.euses) est désigné, depuis 2009, comme le Mois national de l'Histoire autochtone, au Canada comme au Québec. La Journée nationale des peuples autochtones est quant à elle célébrée le 21 juin, jour du solstice d'été. Elle vise à reconnaître et célébrer les cultures, les traditions et les contributions uniques des Premières Nations, des Inuit et des Métis.
Pour amorcer cette ouverture, le site de Tourisme Autochtone Québec informe sur les différentes nations par grandes régions administratives, dont celles traversées par le Chemin des Sanctuaires : Montréal, Montérégie, Centre-du-Québec, Mauricie, et Québec. De plus, le site offre la possibilité de rencontres autochtones, via des webséries, balados, articles et vidéos. Pourquoi s'en priver?
Bonne découverte!

Les Anges du Chemin
Pierre Turcotte
Sur le Chemin, lorsque vous avancerez lentement,
Que vous laisserez au temps prendre tout son temps,
Ils vous attendront là où vous ne les attendez pas :
Les Anges du Chemin, discrets et pourtant bien là.
Venus de nulle part, comme tombés du ciel
Ils partageront leurs nuages, tels des Gabriel.
Un banc pour donner un répit à vos jambes, à vos pieds,
Une table, pourquoi pas, s'arrêter le temps d'un dîner,
Un abri comme un gros parapluie, comme un beau parasol.
De quoi vous donner des ailes pour reprendre votre envol !
Accueillez ces instants de douceur, ces moments de bonheur
Comme des cadeaux de la vie, comme des bouquets de fleurs.
En échange, si vous croisez un de ces anges par hasard
Exprimez-leur votre gratitude, tel un sourire dans le regard.
Répartis ça et là sur le Chemin des Sanctuaires, ces Anges du Chemin/haltes sont à votre disposition afin de vous permettre de reprendre votre souffle, vous mettre à l'abri ou juste admirer la beauté du paysage.
Entre autres, des entreprises vous offrent des aires de repos : Aviron Boucherville à Boucherville; Fromagerie Le Bédouin à Saint-Robert, Bar laitier Manoir des glaces à Pierreville; Royaume Bleuets et fraises à Champlain; Huiles essentielles Aliksir à Grondines.

À PIED - Un documentaire de Vali Fugulin
Au cinéma dès le 8 mai
À l'ère de la sédentarité, alors que l'être humain n'a jamais aussi peu marché de toute son histoire, À PIED nous invite à ralentir et à repenser notre manière d'habiter le monde. À travers un voyage aux quatre coins du globe, le film part à la rencontre de marcheurs, de scientifiques et de penseurs dont la marche a profondément transformé la vie. Ensemble, ils explorent ce geste universel dans toutes ses dimensions: physique, sociale, politique, spirituelle et existentielle. Pas à pas, À PIED révèle la puissance poétique et humaine de la marche, sa capacité à nous relier aux autres, à la nature et à nous-mêmes. À la fois méditation sensible et appel à l'action, le film célèbre la marche, tout en posant une question essentielle : que risquons-nous de perdre, individuellement et collectivement, si nous cessons de marcher?
Documentaire écrit et réalisé par Vali Fugulin, d'après une idée originale de Raphaël Ettore. Mus. orig.: Maxime Lacoste-Lebuis. Avec Dr. Stanley Vollant, Louise Lecavalier, Marie-Isabelle Gendron, Viktoria Modesta, Dr. Jeremy DeSilva, Dr. Sara Khalifa, Jules Ross, Garnette Cadogan, Robert Peters, Aelcio Herculino Da Silva, Dr. Mehdi Benallegue, Sayoko Yamada.
Toutes l'information sur le site web dédié au film: https://maison4tiers.com/apied/

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